La construction sociale de la réalité

Bon nombre de personnes ne réalisent guère que la société dans laquelle ils vivent fut conçue par leurs confrères. En effet, ils divaguent, se laissant charrier par celle-ci, ne se rendant pas compte qu’ils participent à sa conception et sa modélisation par le fait même de leurs interactions avec autrui. Or, cette flagrance n’est pas évidente. Chaque société renferme en elle une historicité, des anecdotes, des évocations qui lui sont propres existant avant la naissance des individus et qui perdureront après leurs morts. Elle nous contraint dans des rôles spécifiques auxquelles chaque individu doit se souscrire. Sinon, ces derniers sont marginalisés puisque l’hominidé déteste l’anarchie et veut prédire les comportements d’autrui. Dès lors, nous tenterons de dévoiler le processus par lequel la société se crée et ainsi, prendre conscience qu’on ne peut prétendre qu’il existe une seule vérité infaillible à laquelle il faut se souscrire, mais bien plusieurs vérités tous ayant le droit intrinsèque d’exister de s’affirmer en tant que telle.

Pour notre analyse, imaginons un instant qu’il n’existe guère de sociétés telles que nous les connaissant actuellement. Ça sera indubitablement une conjoncture terrifiante dans lequel la loi de la jungle règnera où chacun devra se défendre des dangers guettant les individus à défaut de quoi la mort sera surement le sort réservé. Dès lors, pour contrer cet état anomique, cette absence d’ordre, les humains s’ingénient tant bien que mal à interpréter les aléas des phénomènes naturels, car le simple fait de nommer et de justifier procure à l’humain le sentiment d’appréhender l’environnement dans lequel il vit et peut, désormais, acquérir des solutions pour y faire face.